La collection 23:47 est née entre Sant Francesc et la plage de Migjorn. Quarante-trois pièces, faites main à Paris, numérotées à l'encre. Voici comment ça a commencé.
23:47
Le scooter a rendu l'âme sans prévenir, dans la descente entre Sant Francesc et Migjorn. Pas de réseau. Pas de lampe. Une demi-lune. On a poussé pendant vingt minutes en riant de moins en moins, puis on a arrêté de pousser.
Quelqu'un avait une enceinte dans son sac. Quelqu'un d'autre avait encore des pêches, achetées le matin au marché, tièdes et un peu écrasées. On s'est assis sur le muret d'un champ. Le premier morceau a suffi.
00:30
Des phares sont passés deux fois sans s'arrêter. La troisième voiture s'est arrêtée — pas pour nous dépanner : pour rester. Ils avaient du vin et une meilleure playlist. On a mélangé les deux.
Les colliers qu'on portait ce soir-là ont pris la poussière du chemin, le sel de l'après-midi, l'odeur des pins chauffés. Personne ne les a enlevés. Personne ne les enlève jamais.
On avait dit une heure. On est restés jusqu'au matin.
06:15
La lumière est revenue par la mer. Le champ n'avait rien d'extraordinaire — des pierres, un figuier, un muret. C'est peut-être pour ça qu'on s'en souvient si bien. Quelqu'un a réparé le scooter en trois minutes. Personne n'était pressé de partir.
L'automne d'après
De retour à l'atelier, à Paris, on a cherché ce qui restait de cette nuit. Le verre couleur de demi-lune. La pierre chauffée. Le fil qui tient bon quand on pousse un scooter. La collection 23:47 compte quarante-trois pièces — le nombre que l'atelier a fixé, pas le marketing.
La série est close depuis le 12 octobre. Elle ne sera pas rééditée. Ceux qui les portent savent pourquoi elles s'appellent comme ça.
Chaque pièce KIBO est faite à la main à Paris et numérotée à l'encre. Quand une matière est épuisée, la série s'arrête.
Voir la collection en cours →